FAQ : pollution par les PCB

Les PCB

La pollution des sédiments par les PCB

Les risques liés aux PCB

Les actions engagées

Les PCB

Que sont les PCB ?

Les PCB ou PolyChloroBiphényles comptent 209 congénères. Ce sont des produits organiques chlorés utilisés dans l’industrie depuis les années 1930, pour leur stabilité et leur ininflammabilité, comme isolants électriques et fluides caloporteurs dans les transformateurs et les condensateurs mais aussi comme adjuvants (fabrication de pesticides, d’encres, de peintures, d’huiles, d’huiles de coupe). Ils sont plus connus sous l'appellation commerciale de "Pyralène", "Arochlor" ou "Askarel".

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Ces substances sont elles réglementées ?

transformateur usagé : écoulement du fluide caloporteurLes polychlorophényls (PCB) font partie des polluants organiques persistants recensés au niveau international. Les PCB sont interdits d’utilisation en France depuis 1979 dans les applications ouvertes (fabrication d’encres, de peintures…). Par ailleurs, la vente, l’acquisition de PCB ou d’appareils en contenant ainsi que la mise sur le marché de tels appareils neufs sont interdites depuis le 2 février 1987.

Le plan national de décontamination et d’élimination des appareils contenant des PCB, approuvé par arrêté du 26 février 2003, a prévu l’élimination progressive jusqu’en 2010, des appareils avec des concentrations en PCB supérieures à 500 ppm. Selon un inventaire réalisé par l’ADEME, en juin 2002, la France comptait 545 610 appareils contenant des PCB (principalement des transformateurs). Le décret du 10 avril 2013 impose l'élimination des appareils contenant moins de 500 ppm avant 2023.

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Pourquoi trouve t-on des PCB dans l’environnement ?

Ces composés sont, comme les dioxines, des composées aromatiques chlorés complexes d’une grande stabilité physique et chimique et d’une faible biodégradabilité. En raison de cette stabilité, leur présence demeure stable dans certains « réservoirs », comme les sédiments fluviaux ou marins. La surveillance des milieux marins montre une lente décroissance des contaminations en PCB dans les quinze dernières années.

Ils s'accumulent dans les graisses des organismes vivants et se concentrent d'un maillon à l'autre dans la chaîne alimentaire au sommet de laquelle se trouvent les poissons et l’espèce humaine. La principale voie de contamination de la population est donc l’alimentation.

Les PCB ne sont pas solubles. On les détecte exceptionnellement dans les eaux des cours d’eau et des plans d’eau.

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La pollution des sédiments par les PCB

Qu'est ce qui a provoqué cet épisode de crise ? 

Des teneurs élevées en polychlorobiphényles (PCB) ont été constatées dans des poissons péchés en différents points du cours du Rhône, depuis le département de l’Ain jusqu’à la mer. Les premières analyses ont été faites en 2005 dans le cadre d’un plan de surveillance mis en œuvre par la Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales (DDASS).

Que s’est-il passé entre l’épisode des années 1980 et la situation actuelle ?

L’épisode de pollution des années 1980 a entraîné la mise en place d’un suivi régulier comprenant des analyses de poissons. Ce suivi pris en charge par le SNRS s’est arrêté en 1999, lorsque les concentrations observées étaient bien en dessous de la réglementation en vigueur à l’époque. En effet, l’arrêté du 16 février 1988 dispose que les poissons contenant une concentration supérieure à 2 mg/kg = 2000 ng/g(*) de PCB sont impropres à la consommation.

L’Union européenne a adopté, le 3 février 2006, un règlement fixant à 8 pg/g-TEQ(*) de matière brute la concentration admissible en dioxine et PCB de type dioxine dans les poissons destinés à la consommation humaine. Le règlement étant d’application directe dans les états membres, l’arrêté du 16 février 1988 a donc été abrogé le 26 juin 2006.

Le seuil historique de 1988 et le seuil actuel ne sont pas directement comparables. On parle, dans le premier cas, de PCB sans plus de précision, et, dans l’autre cas, des PCBdl (dioxine like) + dioxines + furannes.

Si l’on essaie de faire un parallèle approximatif, on peut donner l’indication suivante, sous réserve de parler d’analyses réalisées sur la même partie du poisson et sur le poids sec (ce qui n’est pas toujours le cas). Le seuil de 1988 en PCB totaux correspondrait environ à un seuil en PCBind(*) de 1000 ng/g*. Le seuil de 2006 en PCBdl correspondrait à un seuil en PCBind(*) de 150 ng/g(*)

(*) ng/g = nanogrammes par gramme - pg/g = picogrammes par gramme - TEQ = Toxique Equivalent Quantité - PCBind = PCB indicateurs

Peut on identifier précisément les sources à l’origine de cette pollution ?

Concernant l’identification précise des sources à l’origine de la pollution du Rhône, les experts s’accordent sur le fait que celle-ci sera très difficile à mener à bien. En effet, le phénomène observé est très probablement la conséquence d’un apport multi-sources de PCB. Les multiples utilisations ouvertes de PCB, qui étaient possible jusqu’en 1979, sont autant de sources historiques peu documentées en terme de volume ou de type de rejets.

Dans certains cas, il est cependant possible, selon le type de PCB retrouvé dans le milieu, d’identifier une activité industrielle. Cette piste est explorée mais elle a ses limites, en particulier, pour les activités de destruction de déchets qui sont susceptibles de rejeter dans le milieu tous les profils de PCB suivant l’origine des déchets contaminés.

Consultation de la fiche action 1.2 du programme d'actions 2011-2013

Quel est l’impact des usines de destruction de déchets situées dans l’Ain et la Haute-Provence qui rejettent des PCB dans le Rhône et la Durance ?

Les analyses menées démontrent que si l’influence sur les taux de PCB dans les sédiments autour de l’usine de retraitement de déchets, située dans la plaine de l’Ain, est visible entre l’amont et l’aval du site, le niveau de contamination de zones situées hors de l’influence de l’usine est non négligeable.

Des analyses complémentaires sur le niveau de contamination des affluents apportent plus d’informations sur ce point.

Consultation de la fiche action 1.1 du programme d'actions 2011-2013

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Les risques liés aux PCB

Les PCB sont-ils dangereux pour la santé ?

Les connaissances actuelles sur la toxicité de ces molécules sont les suivantes :
- lors d’expositions aiguës à de fortes doses : le risque d’une affection cutanée dénommée la chloracné est certain, les risques tératogènes (malformation du fœtus) et cancérigènes sont, quant à eux, fortement suspectés (ce dernier à été démontré pour la dioxine type Seveso).
- les autres risques évoqués mais non établis sont : des troubles du système immunitaire, du système endocrinien, de la fonction hépatique, de la reproduction, des maladies cardio-vasculaires et neurologiques.

Une exposition accidentelle de courte durée aux PCB n’a pas de conséquence sanitaire.

En savoir plus sur le site internet de l'ANSES ...

Quels risques pour le grand public en cas d’ingestion ou de contact avec de l’eau du Rhône ?

La pêche (sans consommation de poissons), la baignade et les sports nautiques ne présentent aucun risque sanitaire pour l’homme. Par ailleurs, les analyses très régulières effectuées sur l’eau potable démontrent l’absence de contamination.

Consultation de la fiche action 4.3 du programme d'actions 2011-2013

Quels sont les risques via la consommation de cultures irriguées par l’eau du Rhône ?

Les travaux existants sur la question de la transmission racinaire des PCB semblent démontrer une faible absorbtion des PCB par les cultures. Une série d’analyses effectuée sur des cultures irriguées par les eaux du Rhône le confirme.

Voir les éléments de réponse dans le programme d'actions 2008-2010 - Pages 52 à 54

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Les actions engagées

Comment sont organisées les actions ?

Un premier programme d'actions a été mis en oeuvre de 2008 à 2010. Il a été organisé selon 3 grands axes (réponses aux questions, diagnostic et compréhension, gestion de la contamination).

En savoir plus sur le programme d'actions 2008-2010 ...

Ce premier programme d’actions a permis de lever les inquiétudes sur la contamination de l’eau potable, des végétaux irrigués par les eaux du Rhône et des poissons de 61 cours d’eau et 26 plans d’eau. Il a permis de réaliser la cartographie de la pollution, de réduire les rejets actifs connus, d'identifier des sources historiques, de valider et de partager les données, d'établir une première recommandation pour la manipulation des sédiments du Rhône, de lancer des études sur le transfert des PCB. Un programme de dépollution a démarré. Des aides ont été attribuées aux pêcheurs professionnels impactés et leur relocalisation a été initiée. Ce programme a permis, via les analyses de 3 915 poissons, d’établir un diagnostic fin de la contamination avérée sur 59 cours d’eau et 6 plans d’eau.

Un second programme d'actions est mis en oeuvre depuis 2011 jusqu'à fin 2013. Il s'articule autour de 6 axes comme dans le plan établi au niveau national :

En savoir plus sur le programme d'actions 2011-2013 ...

 

Lors du Comité d'Information et de Suivi (CIS) du 8 février 2013, il a été décidé que l'action du bassin Rhône-Méditerarnée sur les PCB rejoindrait le cadre commun des gestions des contaminants des milieux aquatiques (2013 étant la dernière année du programme d'actions PCB). Les travaux d'élaboration du SDAGE 2016-2021 sont en cours. Ils intègreront la question des PCB dans l'orientation fondamentale dédiée aux substances.

Quelles sont les analyses effectuées pour comprendre cette pollution et son étendue ?

Depuis qu’il a été constaté, au premier semestre 2005, des teneurs élevées en PCB dans des brèmes prélevées dans le canal de Jonage, les analyses de poissons et de sédiments se sont multipliées pour délimiter la zone contaminée, conformément aux recommandations de l’AFSSA. Les résultats ont permis de définir une zone, dans laquelle on trouve des poissons avec des teneurs en PCB supérieures aux seuils réglementaires, allant du barrage de Sault-Brenaz (dans l’Ain) jusqu’à la mer.

Certaines analyses conduites dans ce cadre se sont révélées négatives (i.e. inférieures au seuil réglementaire). C’est le cas des analyses de poissons pêchés dans les eaux bleues (au nord de Lyon) et dans les contres-canaux des départements de l’Ardèche et de la Drôme ainsi que des tellines (mollusques) provenant de l’embouchure du Rhône.

Afin de compléter les connaissances, des analyses ont été effectuées sur des poissons pêchés dans le Haut-Rhône et sur des secteurs de la Drôme et de la Camargue (poissons, sédiments et crustacés). Par ailleurs, une campagne complémentaire de 22 prélèvements et analyses de sédiments a été lancée sur une portion allant de Lyon à la Mer et une autre, sur le Haut Rhône, incluant également certains affluents (Saône, Isère, Durance).

Consultation de la base de données micropolluants du programme PCB du bassin Rhône-Méditerranée

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