Mai 2018 : situation favorable pour aborder l'étiage estival

(mis en ligne le 18 juin 2018)

Le mois de mai 2018 est chaud et très arrosé avec de nombreux orages et parfois de la grêle. La température moyenne mensuelle est proche ou au-dessus de la normale (+1,2°C). Les cumuls de précipitations sont conséquents (de 100 mm à 200 mm) sur la majeure partie du bassin. La Bourgogne (versant Méditerranéen) ainsi que plusieurs secteurs des Alpes du nord et du sud et le littoral méditerranéen enregistrent des cumuls plus faibles, de 50 à 100 mm. La fonte du manteau neigeux se termine sur les reliefs alpins du nord et du sud. Elle est terminée sur les Pyrénées Orientales.

Le bilan pluviométrique mensuel est majoritairement proche de la normale ou excédentaire (de 125% à 200%) sur le bassin. Des secteurs déficitaires jusque moins 50% de la normale apparaissent localement en Côte d'Or (21), sur l'Ain (01), les 2 Savoies et les Hautes Alpes (05).

Le bilan pluviométrique depuis le 1er septembre 2017 s'améliore pour le 3ème mois consécutif : il est proche de la normale ou excédentaire jusque 125% sur la majeure partie du bassin. Des secteurs légèrement déficitaires (moins 10% à 25%) persistent sur plusieurs secteurs de la vallée du Rhône, des Hautes Alpes (05), des Bouches du Rhône (13), du Var (83) et des Pyrénées Orientales (66). Le cumul des pluies efficaces depuis le 1er septembre 2017 reste très largement positif, de 100 mm à 2000 mm, sur l'ensemble du bassin.

Au 1er juin 2018 :

  • La situation des cours d'eau est très hétérogène : ceux de la moitié nord du bassin enregistrent une hydraulicité majoritairement inférieure à la moyenne mensuelle interannuelle et ceux de la moitié sud du bassin enregistrent une hydraulicité majoritairement proche ou supérieure à la moyenne mensuelle interannuelle. Quelques cours d'eau du bassin Rhône amont présentent des écoulements minimums caractéristiques d'une période de retour sèche de 5 à 10 ans, voir supérieure à 10 ans. Ce sont en particulier, la Furieuse, la Cuisance, le Doubs à Besançon et à Labergement, l'Ain (haute vallée et basse vallée), le Foron de Sciez, la Sereine et l'Yseron.
  • Le débit de la Saône à la station de Couzon (en amont de la confluence avec le Rhône) enregistre un débit moyen mensuel (300 m3/s) légèrement inférieur au débit moyen mensuel interannuel (370 m3/s). Les débits du Rhône sont proches de la moyenne mensuelle interannuelle sur toutes les stations suivies.
  • Les nappes d'eau souterraine ont bénéficié d'une recharge efficace depuis 3 mois. Elles atteignent des niveaux proches de la moyenne voire au-dessus pour 60% des points suivis, majoritairement ceux de la moitié sud du bassin. Ainsi, les aquifères karstiques des régions de Montpellier et de Nîmes sont hauts voire très hauts pour cette période de l’année. Les niveaux sont modérément bas à très bas pour 40% des points suivis situés principalement à l'amont de l'axe Rhône-Saône. Les aquifères de la vallée du Rhône, en aval de Lyon, ont enregistré de légères hausses mais insuffisantes pour atteindre la moyenne. Les niveaux restent très bas pour les alluvions fluvio-glaciaires de l'est lyonnais (69) et de la plaine de Valloire (26) ainsi que les cailloutis plioquaternaires de la Dombes.
  • Les taux de remplissage des retenues du bassin sont majoritairement supérieurs à 70%. Ces niveaux permettront de gérer la période d'étiage sans trop de difficultés avec une vigilance à porter sur les barrages de Serre-Ponçon et Castillon dans les Alpes du sud. Seules les retenues à vocation hydroélectrique des Alpes du nord sur l'Isère, le Drac et l'Arve présentent un remplissage inférieur à la normale.
  • Les sols superficiels se sont humidifiés rapidement au cours du mois sur les secteurs ayant enregistrés des cumuls importants de précipitations. Ainsi, sur la moitié sud du bassin, l'humidité des sols restent majoritairement excédentaires de 20% à 50% par rapport à la normale. Les excédents atteignent même 70% sur le Vaucluse, le littoral gardois, héraultais et audois. Sur la moitié nord du bassin, les excédents sont plus faibles (10 à 20%). L'indice d'humidité des sols est légèrement déficitaire (-10% à -20%) en Côte d'Or et sur les Alpes du nord.
  • Les indices du réseau ONDE (Observatoire national des étiages) sont tous supérieurs à 9,5. Ceci traduit des niveaux d’écoulement très favorables aux milieux aquatiques et aux espèces qui en dépendent. 95% des stations d'observations de la campagne usuelle de mai 2018 sont en écoulement visible.

Bilan : les précipitations conséquentes des 3 derniers mois ont permis une recharge efficace des eaux superficielles mais aussi des eaux souterraines. Les déficits très importants cumulés en début d'année 2018 sur la moitié sud du bassin sont presque comblés. Ainsi, les indicateurs hydrologiques sont proches ou supérieurs aux normales saisonnières sur la moitié sud du bassin mais restent inférieurs aux normales en région Bourgogne Franche-Comté, sur le bassin versant de la Saône et les affluents du Rhône en amont de Lyon. De plus, la plupart des nappes d'eau souterraine fortement exploitées en vallée du Rhône conservent des niveaux bas, inférieurs au quinquenal ou décennal sec.

Cette situation permet d'aborder plus sereinement l'étiage estival avec la reprise des prélèvements et de l'irrigation. La situation sur les secteurs en déficit chronique de l'axe Rhône-Saône est cependant à suivre avec vigilance.

(Ci dessous liens vers les cartes et tableaux de données)

Limitation des usages de l'eau :

Au 10 juin 2018, 3 départements, la Drôme (26), l'Isère (38) et le Rhône (69), ont des secteurs placés en vigilance ou en alerte, essentiellement pour leurs eaux souterraines.

Propluvia

  Site PROPLUVIA : les restrictions d'eau