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Plan de gestion 2004-2008 des poissons migrateurs

Arrêté préfectoral d'approbation du 18 juin 2004

Plan de gestion 2004-2008 des poissons migrateurs du bassin Rhône-Méditerranée (Corse)

La gestion et la pêche des poissons migrateurs relèvent des dispositions du code rural et du décret du 16 février 1994.

Pour le bassin du Rhône, un plan de gestion a été préparé et suivi par le comité de gestion des poissons migrateurs (COGEPOMI).La conservation de la ressource est une priorité : les premiers moyens engagés visent à connaître toutes situations où se produisent des captures excessives de géniteurs, d'immatures ou de larves rassemblés sur des zones vitales, ainsi que des destructions chroniques. Ce principe est le préalable à un plan général visant :

  • le maintien et la réhabilitation d'un patrimoine faunistique à présent dégradé :
    1 - par un assainissement global des milieux marin, lagunaire, estuarien et fluvial ;
    2 - par le décloisonnement des "axes de vie" empruntés à la montée et à la dévalaison par les migrateurs ;
    3 - par la défense de la qualité génétique et sanitaire des populations.
  • le développement d'une activité de pêche commerciale indispensable à la stabilité économique du bassin, dans le respect des règlements et dans l'esprit d'une conciliation des autres usages professionnels ou non professionnels,
  • et finalement la conservation et la promotion d'un patrimoine culturel, attaché aux métiers et aux traditions licites de la pêche côtière et fluviale, et donc à son contenu sociologique et écologique

Pour chacune des espèces, le plan de gestion propose les objectifs suivants :

  •  Alose : libre accès à toute section hydrogéographique du bassin du Rhône à l'aval du confluent de l'Ardèche, et aux fleuves côtiers ; protection stricte des frayères actives.
  • Anguille : libre accès à l'ensemble du réseau hydrogéographique nécessitant des aménagements de passes spécifiques le cas échéant ; vulgarisation des informations scientifiques les plus récentes ; synthèse des statistiques en particulier pour la pêche lagunaire et côtière ainsi qu'une étude socio-économique de toute la filière "anguille".
  • Lamproies : étudier dans une deuxième phase du plan la biologie des deux espèces et leur comportement migratoire qui reste largement inconnu. Dans l'attente, les propositions concernant la circulation ont été restreintes aux possibilités offertes aux aloses ; la connaissance de la taille atteinte à maturité conditionne une modification ultérieure de la taille réglementaire de capture en zone salée.
  • Esturgeon : établir avant la fin du plan, un programme de réintroduction et de suivi de l'espèce indigène sous statut de protection intégrale

 

Au début du siècle, l'Esturgeon était pêché près d'Avignon (Archives Délégation de Bassin)

Autres actions en faveur des poissons migrateurs

Le Comité de Bassin a retenu comme un des éléments majeurs du plan d'action Rhône (VI ème et VII ème programme d'intervention de l'Agence de l'Eau Rhône-Méditerranée-Corse), la reconquête des axes de migration jusqu'à l'Ardèche pour l'alose et jusqu'à Lyon pour l'anguille, dans un premier temps. En effet, ce plan a pour objectifs la restauration du Rhône et de ses milieux annexes et la protection de la Méditerranée :

  • retrouver un fleuve vif et courant en réhabilitant les tronçons court-circuités et les lônes (augmentation des débits réservés, rétablissement de la communication hydraulique avec le fleuve, suppression des rejets pollués) et en permettant la circulation des poissons,
  • retrouver une haute qualité écologique en réduisant les pollutions,
  • limiter les risques de pollutions accidentelles.

De même, la reconquête des axes de migration des poissons a été inscrite dans la Charte environnement de la CNR (Compagnie Nationale du Rhône).

Mise en place du plan migrateurs Rhône-Méditerranée

L'ensemble des partenaires concernés a défini les actions à réaliser dans le délai de cinq ans :

  • réalisation d'études préalables à la réalisation des travaux (comptage, localisation des frayères potentielles, expertise des obstacles concernés, etc...) et mesure de l'efficacité des dispositions d’accompagnement (étude de la dévalaison des alosons, enquêtes auprès des pêcheurs , etc...) pour un coût de 4,5 M.F. T.T.C.,
  • restauration de la libre circulation des poissons migrateurs sur le Rhône jusqu'à l'Ardèche et ses affluents de rive droite (Gard, Cèze et Ardèche), par des travaux évalués à 32 M.F. H.T.,
  • réalisation d'opérations de sensibilisation et d'information du public et des décideurs pour un coût de 1,1 M.F. T.T.C. : bulletin d'information, création d'une exposition itinérante en 1995.

Au niveau du financement, l'Agence de l'Eau et la Compagnie Nationale du Rhône se sont chacune engagées à hauteur de 35% des dépenses. Les 30% restants seront apportés par le Ministère de l'Environnement et le CSP, les trois Régions (PACA, Languedoc-Roussillon, Rhône-Alpes) et cinq Départements concernés (Ardèche, Bouches du Rhône, Drôme, Gard et Vaucluse), les pêcheurs amateurs et professionnels, EDF, Voies Navigables de France, etc...

L’Association Migrateurs Rhône-Méditerranée (MRM), regroupant la plupart des fédérations de pêche amateur du bassin, les pêcheurs professionnels, et des associations pour la protection de la nature, a été créée en 1993. Son rôle est de réaliser études et opérations de communication, mais aussi de coordonner la réalisation des travaux sans toutefois se substituer aux maîtres d'ouvrages que sont la C.N.R., les Syndicats Intercommunaux d'Aménagement des rivières, EDF, etc...

Travaux prévus dans le plan migrateurs Rhône-Méditerranée

Objectifs : Retour de l'Alose sur le Rhône jusqu'à l'Ardèche, situation qui prévalait avant 1970.

Sur les seuils, le système de franchissement généralement choisi est la passe à poissons à bassins successifs. Sur les barrages du Rhône, il a été choisi d'optimiser le fonctionnement des écluses de navigation afin que beaucoup plus d'aloses y transitent. Cette option a l'avantage de coûter beaucoup moins cher qu'une passe ou qu'un ascenseur à poissons installé sur un barrage d'une dizaine de mètres de hauteur de chute.

Ouvrages à équiper :

  • sur le Rhône : le barrage de Vallabrègues, le seuil de Beaucaire, les barrages d'Avignon et de Caderousse,
  • sur le Gard : les seuils de Comps, de Callet, de Bonicoli, de Fournès, de la Foux amont et aval, de Remoulins et de Collias,
  • sur la Cèze : les seuils de Codolet, de Chusclan et de Bagnols sur Cèze,
  • sur l'Ardèche : les seuils de Pont-Saint-Esprit, de St-Julien de Peyrolas, de St-Martin d'Ardèche, de Paravalos, de Gos, de Mas Neuf, de Sampzon, de Sous Roche et de Ruoms.

Les premiers travaux ont débuté en 1994 :

  • le franchissement du nouveau seuil de St-Julien de Peyrolas (Ardèche) est assuré depuis 1995,
  • l'écluse de Vallabrègues (fleuve Rhône) a été aménagée en 1996,
  • celle d'Avignon (Rhône) a été automatisée en 1997,
  • la passe à poisson du seuil de St-Martin d'Ardèche (rivière Ardèche) a été terminée en 1997 et sera prochainement mise en fonctionnement
  • l'étude du franchissement du seuil de Gos (Ardèche) est en cours,
  • la modélisation de la passe à poissons du seuil de Beaucaire est engagée (1996 - 1998).
  • l'écluse de Caderousse (Rhône) sera automatisée en 1999,

Autres travaux projetés en 1998 - 1999 :

  • seuil de Comps et de Bonicoli (rivière Gardon),
  • seuil de Chusclan (rivière Cèze),
  • seuil CNR de Pont Saint Esprit (confluent Ardèche)

Résultats acquis

Le passage des aloses par l'écluse de Vallabrègues est une réalité. Des comptages annuels réalisés en périodes migratoires entre 1991 et 1997, ont dénombré un passage compris entre 100 et 250 aloses par éclusée.

De plus, dès 1993, des alosons (jeunes aloses issues de la reproduction printanière) étaient capturés au niveau du barrage de Caderousse, ce qui veut dire que d'ores-et-déjà des géniteurs ont trouvé des frayères de bonne qualité dans le bras court-circuité de Donzère-Mondragon et dans l'Ardèche à l'aval de Vallon-Pont d'Arc. L'objectif de la première phase du Plan Migrateurs Rhône-Méditerranée est ainsi conforté.