Mars 2018 : recharge significative des ressources en eau sauf sur l'axe rhodanien

(mis en ligne le 13 avril 2018)

Au mois de mars 2018, les précipitations sont conséquentes et les chutes de neige encore abondantes jusqu'en plaine. Les températures moyennes mensuelles sont proches de la normale ou légèrement inférieur jusque 2°C localement. Les cumuls de précipitations sont majoritairement supérieurs à 100 mm sur le bassin. Les cumuls les plus élevés (jusque 350 mm) se situent sur quelques secteurs au sud du Jura, en Savoie, sur les Hautes Alpes et sur les Cévennes. A l'inverse, à l'est de la Savoie et des Hautes Alpes, sur une partie de la vallée du Rhône, sur les Bouches du Rhône, le Roussillon et les Pyrénées Orientales, les cumuls sont très faibles (inférieurs à 50 mm). Début avril, l’enneigement sur les reliefs alpins et les Pyrénées Orientales est remarquablement élevé, frôlant les records sur les 59 dernières années.

Le bilan pluviométrique mensuel est majoritairement excédentaire sur l'ensemble du bassin : de 1,5 à 3 fois la normale sur la moitié nord sauf sur les zones de reliefs de la Savoie et de 2 à 5 fois la normale sur la moitié sud du bassin.

Le bilan pluviométrique depuis le 1er septembre 2017 s'améliore. Sur la vallée du Rhône et la moitié sud du bassin, les déficits se comblent partiellement. Les cumuls enregistrent moins de 10% à 25% de la normale. Le bilan est majoritairement excédentaire jusque plus de 25% de la normale sur les régions au nord du bassin et sur les reliefs nord alpins. Le cumul des pluies efficaces depuis le 1er septembre 2017 est largement positif, supérieur à 100 mm sur l'ensemble du bassin.

Au 1er avril 2018 :

  • Les débits des cours d'eau sont en hausse importante au cours du mois. Ils atteignent pour la majorité d'entre eux, des valeurs proches ou supérieures à leur moyenne mensuelle. Le débit de la Saône à la station de Couzon (en amont de la confluence avec le Rhône) enregistre un débit moyen mensuel (940 m3/s) supérieur au débit moyen mensuel interannuel (620 m3/s).
  • Quelques cours d'eau en région PACA (l'Argens, l'Arc, l'Huveaune) et dans le Roussillon (Têt, Tech et affluents côte Vermeille) enregistrent des débits inférieurs à la moyenne mensuelle. L'issole (bassin versant de l'Argens) et la Guisane (bassin Haute Durance) enregistrent des écoulements minimums caractéristiques d'une période de retour très sèche de 50 ans.
  • Les débits du Rhône controlés par les gestionnaires du fleuve restent élevés au cours du mois. Ils sont supérieurs à la moyenne mensuelle interannuelle sur toutes les stations suivies.
  • La situation de la ressource en eau souterraine s'améliore sur le bassin. Les niveaux des nappes sont majoritairement en hausse par rapport au mois précédent et 54% des nappes suivies atteignent leurs niveaux moyens.
  • Pourtant, la situation reste délicate principalement sur les nappes de l'axe rhodanien. Ces nappes très sollicitées en prélèvements dont les alluvions fluvio-glaciaires de la plaine de Bièvre-Liers-Valloire et les alluvions fluvio-glaciaires de l'est lyonnais présentent des niveaux toujours bas (égaux ou inférieurs au quinquenal sec) pour la période. Elles poursuivent cependant une hausse régulière depuis le mois de février.
  • En région PACA, la hausse des niveaux est générale au cours du mois. Certaines nappes alluviales ont même enregistré des pics de crue.
  • En région Occitanie, les niveaux, en hausse généralisée, sont tous au-dessus de la moyenne sauf ceux des alluvions quaternaires du Roussillon qui restent bas.
  • Les taux de remplissage des retenues du bassin sont très hétérogènes. Ils sont particulièrement bas pour les réservoirs à vocation hydroélectrique des Alpes du nord et en région PACA, en particulier pour la retenue de Serre-Ponçon (13%) et dans une moindre mesure pour la retenue de Castillon (46%). Les aménagements hydroélectriques de l’Isère et de l’axe Durance-Verdon ont été mobilisés en février pour la période de grand froid. Au mois de mars, la gestion du remplissage de ces retenues a été progressivement adaptée. Début avril, le gestionnaire laisse les niveaux bas sur ces retenues afin d’anticiper des épisodes de crue qui pourront être importants durant la période de fonte du manteau neigeux. Dans les Pyrénées Orientales (66), les retenues de Matemale, Puyvalador, les Bouillouses et Grandes Pâtures ont elles aussi des taux de remplissage faibles, inférieurs à 50%.
  • Les sols superficiels sont humides ou saturés sur une grande partie du bassin. Les excédents atteignent plus de 50% sur le littoral héraultais. Comme le mois précédent, 3 secteurs restent déficitaires : le secteur centré sur les Alpes du sud où le déficit s'étend, les secteurs centrés sur les Bouches-du-Rhône (13) et la façade littorale des Pyrénées Orientales (66) où les déficits diminuent.

Bilan : Les pluies du mois de janvier et la neige tombée en abondance ont permis d'amorcer une recharge efficace des ressources en eau superficielles du bassin excepté sur l'axe rhodanien et la bordure méditerranéenne des régions PACA et Occitanie. Au mois de février, la faiblesse des précipitations et le froid ont dégradé la situation particulièrement sur la région PACA. Les précipitations conséquentes du mois de mars sur l'ensemble du bassin, ont permis une recharge efficace en eau superficielle mais aussi en eau souterraine à l'exception des nappes phréatiques de l'axe rhodanien.

Début avril, la situation de la ressource en eau s'est bien améliorée sur le bassin Rhône-Méditerranée en particulier sur la région PACA mais la vigilance s'impose encore avec l'arrivée du printemps et la reprise de la végétation.

(Ci dessous liens vers les cartes et tableaux de données)

Limitation des usages de l'eau :

Les mesures de limitation des usages de l'eau prises en février sur les départements des Pyrénées Orientales (66) et de l'Isère (38) sont levées respectivement depuis le 28 février et le 26 mars 2018.

Les eaux souterraines des secteurs sud du département du Rhône (69) sont placées en vigilance depuis le 10 avril 2018.

Propluvia

  Site PROPLUVIA : les restrictions d'eau