FÉVRIER 2024 : Un hiver doux mais pluvieux

Cumul des précipitations février 2024

Après un mois de janvier très proche de la normale, le nord du bassin retrouve des précipitations suffisamment fréquentes et importantes pour que le cumul soit de nouveau légèrement excédentaire. Sur le sud du bassin, des disparités importantes demeurent entre le Languedoc-Roussillon toujours très peu arrosé et la région Paca qui a bénéficié de fortes précipitations.

L’enneigement dans les Alpes reste très déficitaire à moyenne altitude mais nettement excédentaire en haute montagne. Sur les massifs des Vosges, du Jura et des Pyrénées, l’enneigement est quasi inexistant.

En région Bourgogne-Franche-Comté et sur la vallée du Rhône, l’hydraulicité reste proche de la moyenne. Les cours d’eau des Alpes jusqu’au fleuve Rhône conservent de forts débits. En région PACA, les débits des cours d’eau ont globalement augmenté, notamment sur le massif alpin. En Occitanie, la situation est toujours dégradée. Les débits des cours d’eau de la plaine du Roussillon et du littoral de l’Aude et de l’Hérault présentent un déficit toujours important et encore des assecs en tête de certains bassins.

Sur les secteurs arrosés du bassin, les sols se sont bien réhumidifiés pendant l’hiver mais restent secs sur le littoral du Languedoc et très secs sur le Roussillon.

Les retenues de Bourgogne-Franche-Comté ont des taux de remplissage conformes aux normales de saison. Dans les Alpes du Nord, on observe une baisse significative des niveaux des retenues hydroélectriques par rapport au mois dernier, du fait de la production hivernale de pointe, mais qui restent dans les normales pour cette période. Les taux de remplissage des retenues du Massif Central, ne progressent pas par rapport au mois dernier et restent inférieurs aux taux de 2023 et 2022. Le taux de remplissage global dans les Alpes du Sud est bien plus favorable que celui de 2022 et 2023 à la même période. Dans l’arrière-pays languedocien, les taux de remplissage progressent globalement et sont largement supérieurs à ceux du 1er mars 2023. Les barrages en plaine du Roussillon et dans les Pyrénées-Orientales conservent des niveaux bas inquiétants, majoritairement inférieurs à ceux de 2023. Les retenues alimentant les canaux de Bourgogne et le Canal du Midi ont quasiment atteint leur niveau maximum utile, ce dernier ayant bénéficié de transfert depuis des retenues du bassin voisin.

Les nappes du nord du bassin et des vallées des Alpes ont bénéficié d’une recharge 2023-2024 excédentaire. La situation s’améliore très lentement sur les nappes inertielles de la Bourgogne et du lyonnais et plus rapidement sur les nappes de la Provence et de la Côte d’Azur. Les niveaux des nappes du socle du sud du Massif Central, de la bordure cévenole et du littoral du Languedoc sont bas à très bas, et demeurent très préoccupants du massif des Corbières à la plaine du Roussillon.

1. Point météorologique : précipitations, enneigement, températures

Pluviométrie

Après un mois de janvier très proche de la normale, le nord du bassin retrouve des précipitations suffisamment fréquentes et importantes pour que le cumul agrégé soit de nouveau excédentaire, mais de façon modérée. Les précipitations sont atypiques sur l’Ardèche, avec un cumul mensuel de 119 mm, soit le double de la normale pour un mois de février. Elles sont aussi excédentaires sur la Bourgogne, qui enregistre le cumul le plus élevé du mois, 270 mm à Belfahy (70), et sur le sud des Vosges. À l’inverse, et une fois n’est pas coutume, le Jura et le Nord des Alpes sont relativement secs. Les départements du Doubs et du Jura présentent un léger déficit mensuel de 10 à 20 %. Le déficit pluviométrique atteint 30 à 50 % sur les Pré-Alpes et la Savoie, il dépasse même les 60 % dans la Tarentaise et 70 % en Vanoise. Sur l’Ain, le Rhône, la Loire et la Drôme, l'excédent pluviométrique est compris entre 15 et 30 %.

Sur le sud du bassin, des disparités importantes demeurent entre le Languedoc-Roussillon très peu arrosé et la région PACA qui a bénéficié de fortes précipitations, avec une pluviométrie de deux à quatre fois la normale. Deux épisodes méditerranéens ont apporté des cumuls significatifs de l'ordre de 180 mm à 240 mm sur le Var et les Alpes-Maritimes. Sur Avignon, les cumuls mensuels sont de 56 mm (soit un excédent de 60 %), sur Marignane de 83 mm (soit un excédent de 180 %) et sur Nice de 237 mm, établissant un nouveau record pour un mois de février. Dans les Hautes-Alpes et les Alpes de Haute-Provence, les précipitations se retrouvent largement excédentaires, avec une anomalie qui grimpe jusqu’à +190 % à Sisteron.

En Occitanie, les rares précipitations se sont concentrées sur la partie occidentale de l'Aude et des Pyrénées-Orientales, ainsi que sur le sud de la Lozère et le nord-est du Gard. Le bas Languedoc et les plaines du Roussillon n’ont pas bénéficié de ces épisodes pluvieux. Les cumuls mensuels sont donc déficitaires de 40 % à plus de 70 % du delta du Rhône à la plaine de l'Hérault, sur la partie littorale de l'Aude et sur l'ensemble du département des Pyrénées-Orientales.

Cumul des précipitations février 2024

Rapport à la normale 1991-2020 des précipitations février 2024

 

Depuis le 1er septembre 2023, le cumul de précipitations agrégées sur le nord du bassin est de 790 mm, soit un excédent de 24 %; c’est le 8ᵉ total le plus élevé depuis 1959. Les disparités géographiques se sont atténuées par rapport à l’automne dernier, mais on observe un excédent qui dépasse toujours les 50 % sur l’Est des Alpes.

Le déficit pluviométrique est bien marqué sur le sud du bassin depuis septembre 2023. Seules les Alpes du Sud et, dans une moindre mesure, les Alpes Maritimes, conservent une pluviométrie excédentaire. La Provence et le littoral varois sont déficitaires de 10 à 30 %, la basse vallée du Rhône de 25 à 50 %. Le déficit est très prononcé sur l’Occitanie, de 20 % à 50 % sur les reliefs et jusqu’à 75 % sur tout le littoral.

 

Rapport à la normale 1991-2020 des précipitations de septembre 2023 à février 2024

 

Précipitations efficaces

Pour ce mois de février, le cumul de précipitations efficaces agrégées sur le nord du bassin est de 69 mm, soit un excédent de 11 % et le 33ᵉ total le plus élevé depuis 1959. La situation reste cependant contrastée, l’excédent se concentrant sur la pointe nord-est du bassin, le sud du Massif du Jura et le sud-ouest de l’Ardèche.

Dans le sud du bassin, les précipitations efficaces de février sont excédentaires sur toutes les Alpes du Sud, le Var et Marseille, et largement excédentaires dans les Alpes-Maritimes. L’efficacité est quasi nulle sur l’est du fleuve Rhône et la Camargue. De la Lozère aux Pyrénées Orientales, seules les pluies tombées sur les reliefs et l’arrière-pays se révèlent efficaces. Les cumuls du mois sont déficitaires de plus de 50 % sur tout le littoral du golfe du Lion.