Juin 2026 : un début d'été extrêmement sec et chaud sur l'ensemble du bassin
Sommaire
Un épisode caniculaire, remarquable par sa précocité, sa durée et son intensité, a frappé le bassin et l'ensemble du pays du 17 au 30 juin 2026. Le bilan pluviométrique de ce mois de juin 2026 est déficitaire de 40 % sur le nord du bassin et de 60 % sur le pourtour méditerranéen. Le déficit est moins marqué sur les reliefs alpins. La sécheresse des sols, aggravée par les très fortes températures et l'ensoleillement excédentaire, est proche des records bas sur la moitié nord du bassin, le Var, le Roussillon et l'arrière-pays languedocien au 1er juillet 2026.
Les taux de remplissage dépassent 80 % au 1er juillet 2026 pour les retenues de soutien d'étiage et multi-usages de l'Ardèche, du Languedoc-Roussillon et des Alpes du Sud. Le taux global reste proche de 50 % dans les Alpes du Nord, une situation moins favorable que ces 4 dernières années. En Bourgogne-Franche-Comté, les taux de remplissage des canaux sont en baisse et la cote touristique n'est pas atteinte sur la retenue de Vouglans.
Les débits moyens mensuels de juin 2026 sont inférieurs aux normales sur la quasi-totalité des cours d'eau du bassin. La vague de chaleur et le déficit de précipitations ont fortement impacté les débits en seconde moitié du mois. Les cours d'eau sont en situation d'étiage précoce et sévère sur la moitié nord du bassin, en Drôme-Ardèche, sur l'arrière-pays du Roussillon et dans le Var. La situation est dégradée également, mais dans une moindre mesure, pour les cours d'eau du Languedoc et du grand delta du Rhône, ainsi que localement dans les Alpes.
Au 1er juillet 2026, la vidange s'accentue sur les nappes du nord du bassin mais la situation reste très hétérogène, notamment sur l'axe Saône-Rhône, avec des niveaux modérément hauts à modérément bas. La baisse est plus modérée sur les nappes du sud du bassin, avec des niveaux qui restent globalement proches des normales à hauts. La situation se dégrade localement sur les nappes réactives de la Côte d'Azur et de la Durance, et reste fragile sur le secteur des Aspres dans le Roussillon.
1. Point météorologique : précipitations, humidité des sols, températures
Pluviométrie mensuelle
Avec un cumul de précipitations agrégées de 55 mm sur le nord du bassin, soit un déficit de 38 % par rapport à la normale 1991-2020, le mois de juin 2026 se situe au 9ème rang des cumuls les plus faibles depuis 1959. Des précipitations orageuses ont touché le nord du bassin en début et toute fin de mois, et se sont concentrées sur les reliefs alpins en milieu de mois. Les cumuls sont déficitaires de 40 à 60 % sur la Bourgogne-Franche-Comté, le nord de l'Isère et le sud de la Drôme-Ardèche. Ils sont déficitaires de 20 à 30 % sur l'Ain, le Rhône et le nord de la Drôme-Ardèche. Ils sont proches des normales à légèrement déficitaires sur la Haute-Savoie, la Savoie et le sud de l'Isère.
Le bilan des précipitations de ce mois de juin 2026 est très déficitaire sur le sud du bassin. C'est le 4ème mois de juin le plus sec sur la période 1959-2026 en Languedoc-Roussillon, avec un déficit de 60 %. À l'échelle des départements, les cumuls sont déficitaires de 40 à 60 % sur le Gard, le Vaucluse, les Bouches-du-Rhône et les Pyrénées-Orientales, et de plus de 70 % sur l'Aude, l'Hérault et le Var. Les reliefs alpins ont bénéficié de précipitations orageuses au cours du mois, les cumuls sont déficitaires de 10 à 30 % sur les Hautes-Alpes et les Alpes-de-Haute-Provence, et proches des normales sur les Alpes-Maritimes.
Pluviométrie depuis septembre 2025
Depuis le 1er septembre 2025, le cumul de précipitations agrégées sur le nord du bassin est de 989 mm, très proche de la normale 1991-2020. Les cumuls sont proches des normales sur la région Rhône-Alpes, avec un léger excédent de 10 à 20 % sur le Bugey et le sud de la Drôme. Ils sont légèrement déficitaires sur le nord de la Franche-Comté.
Depuis le début de l'année hydrologique 2025-2026, les cumuls sont excédentaires de 20 à 40 % sur le Vaucluse, le Gard, l'Aude, les Bouches-du-Rhône et l'ouest du Var. L'excédent atteint 30 à 50 % sur les Pyrénées-Orientales et l'Hérault. Les cumuls sont légèrement déficitaires sur les massifs alpins frontaliers et les Alpes-Maritimes.
Précipitations efficaces
Hormis très localement sur les Alpes, les cumuls mensuels de pluies efficaces de juin 2026 sont négatifs sur l'ensemble du bassin, traduisant une évapo-transpiration supérieure au cumul de précipitations.
Le cumul de pluies efficaces agrégées sur le nord du bassin pour le mois de juin 2026 est de -38 mm, pour une normale de -9 mm. C'est le 9ème cumul le plus faible observé pour un mois de juin depuis 1959. Depuis le mois de septembre 2025, le cumul des pluies efficaces agrégées sur le nord du bassin est de 533 mm, soit un déficit de 10 % par rapport à la normale. Très localement, les cumuls sont excédentaires de 10 à 20 % sur le Bugey et le sud de la Drôme-Ardèche.
Les cumuls de précipitations efficaces du mois de juin 2026 sont négatifs sur le sud du bassin, avec un déficit marqué dans le Gard. Depuis le début de l'année hydrologique, les précipitations efficaces sont globalement déficitaires sur les Alpes du Sud et le nord du Var. Elles sont excédentaires sur le grand delta du Rhône et le sud-ouest du Var, et très excédentaires sur le Languedoc-Roussillon.
Humidité des sols
Entre le 1ᵉʳ juin et le 1ᵉʳ juillet 2026 , l e déficit de précipitations, la vague de chaleur intense et l'ensoleillement très excédentaire ont fortement aggravé la sécheresse des sols sur l'ensemble du bassin, à l'exception très localisée du Mercantour. Les records bas d'humidité des sols pour un 1ᵉʳ juillet sont approchés en Bourgogne-Franche-Comté, notamment sur l'axe Saône, et dans le Rhône, l'Ain et l'Isère. Au 1 er juillet 2026, les sols sont plus secs que la normale sur les Alpes et la vallée du Rhône, et très secs dans le Var, le Roussillon et l'arrière-pays l anguedocien.
Températures
Un épisode caniculaire, remarquable par sa précocité, sa durée et son intensité (supérieure à celle d'août 2003), a de nouveau concerné le territoire national du 17 au 30 juin. Juin 2026 est devenu le mois de juin le plus chaud jamais enregistré en France, avec une anomalie de +3.8 °C par rapport à la normale et une température moyenne de 22.8 °C. Le précédent record était détenu par juin 2003 avec une température moyenne de 22.4 °C.
La vague de chaleur a d'abord impacté le nord du bassin le 17 juin 2026, puis s'est très rapidement étendue à la vallée du Rhône et aux Alpes. Les départements littoraux sont restés globalement à l'écart la 1ère semaine. La vague de chaleur s'est ensuite intensifiée à partir du 22 juin sur le nord du bassin, et a impacté l'ensemble du bassin jusqu'en toute fin de mois.
Le mois de juin 2026 se classe au 1er rang des mois de juin les plus chauds jamais enregistrés sur le Grand Est depuis 1947. Il se classe au 2ème rang en Bourgogne-Franche-Comté (derrière 2003) et au 4ème rang en Provence-Alpes-Côte-d'Azur (derrière 2025, 2003 et 2022). En Rhône-Alpes, c'est le 2ème mois de juin le plus chaud enregistré dans le Rhône et l'Ain.
2. Situation des milieux aquatiques et de leurs habitats
La deuxième campagne de l'Observatoire national des étiages (ONDE) à l'échelle du bassin pour l'année 2026 a été réalisée du 23 au 27 juin par les agents de l'Office français de la biodiversité (OFB). Il a été constaté une réactivité assez rapide des débits des cours d'eau à la période de canicule de la seconde moitié du mois. La campagne est représentative de la situation.
61 % des stations sont en écoulement acceptable (407 stations), 22 % en écoulement faible (149 stations), 5 % en écoulement non visible (31 stations) et 12 % en assec (80 stations), réparties sur l'ensemble du bassin. Une proportion aussi importante de petits cours d'eau en écoulement faible ou rupture d'écoulement au mois de juin est inédite sur la moitié nord du bassin. Les très fortes chaleurs impactent fortement les milieux aquatiques.
Pour mémoire, 12 % des stations du bassin étaient en rupture d'écoulement ou en assec en juin 2025, 5 % en juin 2024, et 15 % en juin 2023.
3. Situation des retenues d'eau
En Franche-Comté, le taux de remplissage de la retenue de Vouglans reste supérieur à 70 %, mais la cote touristique n'est pas atteinte au 1er juillet 2026.
Les retenues des Alpes du nord bénéficient des précipitations orageuses, le taux de remplissage global est en hausse et dépasse 50 % au 1er juillet 2026. La situation est cependant moins favorable que ces 4 dernières années. À noter : le barrage de la Girotte en Savoie est en cours de remplissage après travaux. Dans les Alpes du Sud, le taux de remplissage global reste stable et supérieur à 80 %.
Canaux VNF :
Au niveau national, le taux de remplissage des canaux VNF est en baisse : 61 % au 1er juillet 2026, pour un taux moyen habituel de 77 % sur ces 10 dernières années.
Le taux de remplissage du Canal de Bourgogne versant Saône est en baisse, 71 % au 1er juillet contre 87 % au 1er juin 2026. À noter : le barrage de Panthier est vidé pour travaux. La baisse est aussi marquée sur le Canal du Midi, avec un taux de remplissage de 76 % au 1er juillet, contre 92 % au 1er juin 2026.
4. Hydrologie : cours d'eau, hydraulicité, fleuve Rhône
Les débits moyens mensuels de juin 2026 sont inférieurs aux normales sur la quasi-totalité des cours d'eau du bassin. La vague de chaleur et le déficit de précipitations ont fortement impacté les débits en seconde moitié du mois. Les cours d'eau sont en situation d'étiage précoce et sévère sur la moitié nord du bassin, en Drôme-Ardèche, sur l'arrière-pays du Roussillon et dans le Var. La situation se dégrade également, mais dans une moindre mesure, pour les cours d'eau du Languedoc et du grand delta du Rhône, ainsi que localement dans les Alpes.
Fleuve Rhône :
Les débits du fleuve Rhône du mois de juin 2026 sont très inférieurs à la moyenne historique, et figurent parmi les plus bas jamais enregistrés. Les débits mesurés sur la Saône, à l'amont de la confluence, sont historiquement bas. Les coefficients d'hydraulicité mensuels, compris entre 0,46 et 0,65, traduisent un mois avec une hydraulicité très déficitaire sur l'ensemble du cours d'eau.
Coefficient d'hydraulicité du fleuve Rhône sur 12 mois, de 2020 à 2026
BOGNES | TERNAY | VALENCE | BEAUCAIRE | |
juillet 2020 − juin 2021 | 1.03 | 0.98 | 0.95 | 0.90 |
juillet 2021 − juin 2022 | 0.92 | 0.86 | 0.83 | 0.76 |
juillet 2022 − juin 2023 | 0.90 | 0.72 | 0.69 | 0.65 |
juillet 2023 − juin 2024 | 1.24 | 1.22 | 1.20 | 1.24 |
juillet 2024 − juin 2025 | 1.07 | 0.97 | 0.97 | 1.06 |
juillet 2025 − juin 2026 | 0.90 | 0.90 | 0.90 | 0.95 |
Source : Compagnie nationale du Rhône (CNR)
5. Situation des nappes d'eaux souterraines
La tendance reste à la baisse et la vidange s'accentue sur les nappes du nord du bassin, en l'absence de pluies efficaces sur le mois de juin. Les niveaux sont modérément bas sur les nappes de Franche-Comté et modérément hauts à modérément bas sur les nappes de l'axe Saône. Les niveaux sont en baisse sur les nappes inertielles du Rhône Moyen. La situation se dégrade sur les nappes alluviales réactives du Rhône, du Guiers et de la Combe de Savoie, avec des niveaux modérément bas, et les nappes du Val de Saône avec des niveaux bas.
La vidange se poursuit pour les nappes de Provence et du littoral, les niveaux restent globalement proches des normales. Ils sont localement modérément bas sur les nappes réactives de la Côte d'Azur et de la Durance, et modérément hauts sur les nappes alluviales du Rhône inférieur.
La tendance reste à la baisse en Languedoc-Roussillon, avec des niveaux modérément hauts à hauts pour les nappes des formations de la Vistrenque, de l'Astien à Agde et les nappes alluviales de la plaine du Roussillon, et proches des normales sur le reste de la région. Dans les Pyrénées-Orientales, les niveaux des nappes plio-quaternaires du secteur des Aspres sont bas, la bonne recharge hivernale n'ayant pas compensé le déficit lié à la sécheresse pluriannuelle subie depuis 2022.
6. Mesures d'anticipation et de restriction des usages de l'eau
Au 1er juillet 2026, 26 départements du bassin Rhône-Méditerranée sont en vigilance ou concernés par des mesures de restriction des usages de l'eau. Le département des Pyrénées-Orientales conserve un secteur avec des mesures de restriction de niveau crise.
Restrictions eaux superficielles | Restrictions eaux souterraines |












