Sommaire
Après un début de mois frais et relativement pluvieux, un épisode de chaleur inédit, durable et intense a frappé le bassin et l'ensemble du pays fin mai 2026, asséchant rapidement les sols. De nombreux records de températures ont été battus, notamment sur le nord ouest du bassin et le pourtour méditerranéen. Le bilan pluviométrique est contrasté, avec un déficit de 10 à 40 % sur le tiers nord du bassin, le Roussillon et le Var, et un excédent de 20 à plus de 50 % des Alpes à la basse vallée du Rhône. L'enneigement sur les massifs alpins est déficitaire de plus de 75 % au 1er juin 2026.
La tendance reste à la hausse pour les retenues et canaux du bassin au 1er juin 2026. Les taux de remplissage dépassent 80 % pour la quasi-totalité des retenues de soutien d'étiage et multi-usages du sud du bassin. Le taux global est proche de 50 % dans les Alpes du Nord, et dépasse 60 % en Bourgogne Franche-Comté et en Ardèche.
La situation s'est globalement dégradée en mai 2026 sur les cours d'eau de Bourgogne-Franche-Comté, avec des débits moyens mensuels inférieurs aux normales. La situation est proche des normales mais précaire sur les cours d'eau des Alpes et des Pyrénées, car influencée par la fonte accélérée du manteau neigeux. Les débits moyens mensuels de mai 2026 sont globalement inférieurs aux normales sur les cours d'eau des Cévennes, de l'Aude et du littoral azuréen, avec un fort impact des températures en fin de mois.
Au 1er juin 2026, la vidange se poursuit pour les nappes à faible inertie et les nappes réactives des secteurs déficitaires en précipitations efficaces du nord du bassin, du littoral azuréen et du Roussillon, avec des niveaux proches des normales à modérément bas. Les niveaux sont stables ou en légère hausse, et sont globalement proches des normales à modérément hauts, pour les nappes de la vallée du Rhône, des vallées alpines et du Languedoc.
1. Point météorologique : précipitations, humidité des sols, températures, neige
Printemps
Le printemps 2026 (mars-avril-mai en météorologie) est le printemps le plus chaud jamais mesuré en France avec une température moyenne de 13,8 °C, soit une anomalie de +1,7 °C par rapport à la normale 1991-2020, devant les printemps 2011 (+1,5 °C) et 2020 (+1,3 °C). 9 des 10 printemps les plus chauds à l'échelle nationale ont été observés après l'an 2000. Avril 2026 se classe au 3e rang des mois d'avril les plus chauds jamais enregistrés depuis le début des mesures, tandis que mai 2026 se classe au 2e rang des mois de mai les plus chauds, derrière mai 2022. Le printemps 2026 a été marqué par un épisode de chaleur inédit, durable et intense fin mai. C'est le printemps le plus chaud jamais enregistré sur la région PACA depuis 1947.
À l'échelle de la France, le printemps 2026 se classe parmi les dix printemps les moins arrosés sur la période 1959-2026, avec un déficit pluviométrique de 30 %. Le bassin Rhône-Méditerranée se distingue cette saison, avec les seules zones en excédent pluviométrique au niveau national : la basse vallée du Rhône et les Pyrénées-Orientales, en raison d'un mois de mars très pluvieux. Les précipitations sont déficitaires de 20 à 50 % sur le reste du bassin.
Au début du printemps, les sols étaient nettement plus humides que la normale sur le sud du bassin. Au 1er avril, ils étaient globalement dans une situation proche de la normale sur le nord du bassin et plus humides que la normale sur le pourtour méditerranéen. Les très faibles pluies d'avril, associées aux températures élevées, ont accéléré l'assèchement des sols. Au 1er mai, la situation des sols était celle habituellement rencontrée à la fin d'un mois de juin. Le retour des précipitations sur la première quinzaine de mai a permis un répit temporaire, mais l'épisode de chaleur, combiné à l'absence de précipitations, a provoqué un assèchement très rapide et généralisé des sols sur l'ensemble du bassin. En moyenne sur la saison, l'ensoleillement est excédentaire de 10 et 20 % sur la moitié sud du bassin et de 20 à 40 % sur le nord du bassin.
Pluviométrie mensuelle
Le cumul de précipitations agrégées de mai 2026 sur le nord du bassin est de 110 mm, soit un léger excédent de 4,5 % par rapport à la normale 1991-2020. Du 4 au 6 mai, un fort épisode pluvieux a touché la vallée du Rhône, avec des cumuls atteignant 122 mm en 24 h en Basse-Ardèche. Les précipitations sont restées régulières jusqu'au 19. Les cumuls sont déficitaires de 10 à 30 % sur la Bourgogne-Franche-Comté et le sud de la Savoie. Ils sont excédentaires de 10 à 30 % de la Haute-Savoie au nord de la Drôme, et de 30 à 60 % du Rhône au sud de l'Ardèche et de l'Isère.
Le bilan des précipitations de ce mois de mai 2026 est très hétérogène sur le sud du bassin. Les précipitations se sont essentiellement produites durant la première moitié du mois, avec notamment un passage orageux du 4 au 6 sur la basse vallée du Rhône. Les précipitations sont déficitaires de l'ouest de l'Hérault au Capcir dans les Pyrénées-Orientales, dans l'intérieur du Var ainsi qu'en Lozère, avec des déficits marqués de plus de 60 % localement dans le secteur de Narbonne. Les précipitations sont excédentaires dans le Vallespir ainsi que de l'est de l'Hérault jusqu'aux Hautes-Alpes. L'excédent atteint localement 130 % dans le Gard.
Pluviométrie depuis septembre 2025
Depuis le 1er septembre 2025, le cumul de précipitations agrégées sur le nord du bassin est de 933 mm, très proche de la normale 1991-2020. Les cumuls sont proches des normales sur la quasi totalité du territoire. Ils sont excédentaires de 10 à 20 % sur le Bugey et le sud de la Drôme. Ils sont légèrement déficitaires sur le Territoire de Belfort.
Depuis le début de l'année hydrologique 2025-2026, les cumuls sont excédentaires de 20 à 40 % sur le Vaucluse, le Gard, les Bouches-du-Rhône et l'ouest du Var. L'excédent atteint 30 à 50 % sur le Roussillon et l'Hérault, localement 60 % sur la région de Montpellier. Les cumuls sont légèrement déficitaires sur les massifs alpins frontaliers et les Alpes-Maritimes.

Précipitations efficaces
Le cumul de pluies efficaces agrégées sur le nord du bassin pour le mois de mai 2026 est de +21,1mm, pour une normale de +22,5 mm. La situation est cependant contrastée, avec des cumuls fortement excédentaires dans le Rhône, la Drôme-Ardèche et le sud-ouest de l'Isère, et déficitaires sur la Bourgogne-Franche-Comté, l'Ain et le sud de la Savoie. Depuis le mois de septembre 2025, le cumul des pluies efficaces agrégées sur le nord du bassin est de 576 mm, soit un déficit de 4,7 % par rapport à la normale. Très localement, les cumuls sont excédentaires de 10 à 25 % sur le Bugey et le sud de la Drôme-Ardèche.
Les cumuls de précipitations efficaces de mai 2026 atteignent 25 à 50 mm dans le centre du Gard, le nord-est du Vaucluse, le nord des Alpes-de-Haute-Provence ainsi que dans les Hautes-Alpes. Ils atteignent localement 75 à 125 mm dans le Vallespir, voire 150 mm dans le secteur des Écrins. Les cumuls sont globalement négatifs dans le Var, dans l'Aude, en Camargue ainsi que du Minervois au Bitterois et dans les Fenouillèdes. Depuis le début de l'année hydrologique, les précipitations efficaces sont globalement déficitaires sur les Alpes du Sud et le nord-est du Var. Elles sont excédentaires sur le grand delta du Rhône et le sud-ouest du Var, et très excédentaires sur le Languedoc-Roussillon.
Humidité des sols
Malgré une légère amélioration en milieu de mois due aux températures plus fraîches et aux précipitations régulières, les sols se sont asséchés sur l'ensemble du bassin. Au 1er juin 2026, les sols sont plus secs que la normale sur la quasi-totalité du bassin, avec un déficit marqué de l'ordre de 40 % sur les Vosges et l'arrière-pays de l'Aude et de l'Hérault. Ils sont légèrement plus humides que la normale localement en Petite Camargue.
Températures
Les températures moyennes mensuelles dépassent de 1 à 2 °C les normales sur la majorité du bassin. Elles sont plus conformes à la saison sur le Doubs et les Alpes. Ces températures moyennes ne reflètent pas la situation très contrastée de ce mois de mai 2026, avec un épisode de froid tardif en milieu de mois, puis un épisode de chaleur, sans précédent pour cette période de l'année, en fin de mois. Il s'agit de la première Vigilance canicule déclenchée au mois de mai par Météo France, tous niveaux confondus (la canicule est intégrée au dispositif de Vigilance depuis 2004). Le jeudi 28 mai, le mercure a atteint 37,4 °C à Perpignan dans les Pyrénées-Orientales et 37,6 °C à Narbonne dans l'Aude. Jamais un tel niveau de chaleur n'avait été mesuré au mois de mai depuis le début des relevés. Des températures exceptionnelles de près de 15 degrés au-dessus des moyennes ont été relevées sur le nord ouest du bassin et le pourtour méditerranéen. Des épisodes anormalement chauds avaient déjà eu lieu en mai 2005, 2017 et 2022, mais n'avaient jamais atteint de tels niveaux de températures.
Enneigement
Au début du mois de mai, l'équivalent en eau du manteau neigeux sur les Alpes au-dessus de 1000 m était à un niveau très bas. Malgré quelques chutes de neige mi-mai, le déficit dépasse 75 % au 1er juin 2026. Quelques mesures au 1er juin : 45 cm à Aigleton (Belledonne, 2240 m), 105 cm à Bonneval (Haute-Maurienne, 2720 m), 191 cm au col du Lac Blanc (les Grandes Rousses, 2720 m) et 148 cm au glacier de Borne Pierre (les Écrins, 2970 m). Depuis 2010, c'est la 12ème fois que le bilan est déficitaire à cette époque de l'année sur l'ensemble des massifs alpins.
L'équivalent en eau du manteau neigeux dans les Alpes du Sud est quasi nul au 1er juin 2026.
Équivalent en eau du manteau neigeux (mm) au-dessus de 1000 m du 1er novembre 2025 au 1er juin 2026 dans les Alpes du Nord
Équivalent en eau du manteau neigeux (mm) au-dessus de 1000 m du 1er novembre 2025 au 1er juin 2026 dans les Alpes du Sud
Équivalent en eau du manteau neigeux (mm) au-dessus de 1000 m au 1er juin de 1959 à 2026 dans les Alpes (Nord + Sud)
Équivalent en eau du manteau neigeux (mm) au-dessus de 1000 m du 1er novembre 2025 au 1er juin 2026 dans les Pyrénées-Orientales
Massif central, Vosges et Jura
Du 12 au 16 mai, la baisse des températures a facilité le retour de la neige, 2 et 4 cm, sur les plateaux et le relief comtois dès 700 m d'altitude, de manière un peu plus prolongée entre 1000 et 1100 m d'altitude.
2. Situation des milieux aquatiques et de leurs habitats
La première campagne de l'Observatoire national des étiages (ONDE) à l'échelle du bassin pour l'année 2026 a été réalisée du 23 au 27 mai par les agents de l'Office français de la biodiversité (OFB). Il a été constaté une réactivité assez rapide des débits des cours d'eau à la période de canicule de la seconde moitié du mois. La campagne est représentative de la situation.
90 % des stations sont en écoulement acceptable, 5 % en écoulement faible, 1 % en écoulement non visible et 4 % en assec, réparties sur l'ensemble du bassin.
Pour mémoire, à la m ême période en 2024 et 2025, 2 % des stations du bassin étaient en rupture d'écoulement ou en assec, et 10 % en 2023.
3. Situation des retenues d'eau
En Franche-Comté, le taux de remplissage de la retenue de Vouglans est en hausse et supérieur à 70 % au 1er juin 2026.
Les retenues alpines bénéficient de l'apport de la fonte du manteau neigeux. Le taux de remplissage global est en hausse au 1er juin 2026. Il est proche de 50 % dans les Alpes du Nord et dépasse désormais 80 % dans les Alpes du Sud. À noter : le barrage de la Girotte en Savoie est vidé pour travaux.
La tendance reste à la hausse pour les retenues de Montpezat et du Chassezac, avec un taux de remplissage global supérieur à 60 % au 1er juin 2026.
En Languedoc-Roussillon, le taux de remplissage global dépasse 80 % au 1er juin 2026.
Canaux VNF :
Au niveau national, le taux de remplissage des canaux VNF est en légère baisse : 75 % au 1er juin 2026, pour un taux moyen habituel de 85 % sur ces 10 dernières années.
Le taux de remplissage du Canal de Bourgogne versant Saône est de 87 % au 1er juin 2026. À noter : le barrage de Panthier est vidé pour travaux. La situation reste stable et similaire à celle des trois dernières années pour le Canal du Midi, avec un taux de remplissage de 92 %.
4. Hydrologie : cours d'eau, hydraulicité, fleuve Rhône
La situation s'est dégradée en mai 2026 sur les cours d'eau de Bourgogne, mais a peu évolué en Franche-Comté. Les débits moyens mensuels sont inférieurs aux normales sur tous les cours d'eau de la région. Les températures records et le déficit de précipitations ont fortement impacté les débits en fin de mois sur le secteur Saône Amont.
La situation est proche des normales mais précaire sur les cours d'eau des Alpes et des Pyrénées, alimentés par la fonte accélérée du manteau neigeux. En effet, cette fonte précoce a supprimé toute possibilité de soutien des débits pour le mois de juin. Les débits moyens mensuels de mai 2026 sont globalement inférieurs aux normales sur les cours d'eau des Cévennes, de l'Aude et du littoral azuréen, avec là-aussi un fort impact des températures en fin de mois.
Fleuve Rhône :
Les débits du fleuve Rhône du mois de mai 2026 sont inférieurs à la moyenne historique, avec un déficit plus important de l'hydraulicité sur la partie médiane à la station de Ternay et aval à la station de Valence. Ce déficit est en lien notamment avec des apports plus faibles de la Saône, mesurés à la station de Couzon. Mai 2026 se situe parmi les mois hydrologiquement secs, sans atteindre toutefois les niveaux des étiages historiques de référence. Les coefficients d'hydraulicité mensuels, compris entre 0,64 et 0,82, traduisent un mois avec une hydraulicité déficitaire sur l'ensemble du cours d'eau.
Coefficient d'hydraulicité du fleuve Rhône sur 12 mois, de 2020 à 2026
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BOGNES |
TERNAY |
VALENCE |
BEAUCAIRE |
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juin 2020 − mai 2021 |
0.99 |
0.95 |
0.93 |
0.89 |
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juin 2021 − mai 2022 |
0.97 |
0.90 |
0.87 |
0.80 |
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juin 2022 − mai 2023 |
0.88 |
0.71 |
0.67 |
0.62 |
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juin 2023 − mai 2024 |
1.20 |
1.17 |
1.15 |
1.19 |
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juin 2024 − mai 2025 |
1.12 |
1.01 |
1.02 |
1.10 |
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juin 2025 − mai 2026 |
0.92 |
0.92 |
0.90 |
0.97 |
Source : Compagnie nationale du Rhône (CNR)
5. Situation des nappes d'eaux souterraines
La vidange se poursuit pour les nappes à faible inertie et les nappes réactives des secteurs déficitaires en précipitations efficaces du nord du bassin et du Languedoc-Roussillon. Les niveaux des nappes à inertie élevée demeurent globalement proches de la moyenne. Les niveaux des nappes à réactivité élevée des grès vosgiens et des alluvions fluvio-glaciaires du Rhône supérieur sont modérément bas. La tendance est à la baisse pour les nappes inertielles des formations de la Bresse et de la Dombes. Les dynamiques ne changent pas sur les nappes des formations fluvio-glaciaires de l'Est Lyonnais, du Dauphiné et de l'avant pays savoyard,.dont les niveaux sont stables ou en hausse depuis avril 2026.
Les tendance sont à la hausse pour les nappes alluviales des vallées des Alpes et de la Durance. Les niveaux se stabilisent et restent hauts à très hauts pour les nappes des formations du Rhône inférieur, des calcaires du Massif des Corbières, des sables de la plaine du Roussillon, du socle des Cévennes et des formations de la Vistrenque. Les niveaux restent modérément élevés pour les nappes des sables de Valras-Agde et des alluvions de l'Hérault.
6. Mesures d'anticipation et de restriction des usages de l'eau
Au 1er juin 2026 , 8 départements du bassin Rhône-Méditerranée sont en vigilance ou concernés par des mesures de restriction des usages de l'eau. Seul le département des Pyrénées-Orientales conserve un secteur avec des mesures de restriction de niveau crise.
Restrictions eaux superficielles
Restrictions eaux souterraines






















